mardi 20 juin 2017

Trentième Chapitre: Du retour de la Cour de Lumière (seconde partie)

Les chroniques de la Nouvelle-Calebaïs

Trentième Chapitre: Du retour de la Cour de Lumière (2e partie)

Conseil des Magi de l'été 1167 ( à la veille du solstice d'été):

Le comportement d'Estrella de Bonisagus, de plus en plus paranoïaque et agressif, commençait à faire craindre le pire aux membres du Conseil. De retour de plusieurs saisons en compagnie des loups-garous d'Acqs, elle les accusa d'être dangereux pour l'Alliance et de mentir volontairement aux Magi sur des sujets graves. Selon elle, ils avaient dissimulé l'existence du sarcophage comme de la Tarasque, alors que certains d'entre eux peuvent parcourir les siècles en se réincarnant après leur mort. Dame Mélisandre, outrée que l'on s'en prenne ainsi à ses alliés de la première heure, incrimina la créature jadis conservée dans le cercueil de pierre. Selon elle il manipulait l'esprit fragile de la Maga en lui transmettant ses inimitiés. Sous le coup de la colère, Estrella de Bonisagus quitta le Conseil et partit se réfugier, du moins ce fut l'impression qu'elle donna, dans son Sanctum.

Peu de temps après un puissant bruit sourd résonna au fond du puits, et tous se demandèrent si la Maga, poussée à bout, n'avait pas perdu la tête. Ils descendirent et trouvèrent les squelettes des catacombes immobiles, comme figés par une puissante magie. Le sarcophage, laissé par Nathanaël de Tytalus et Picard d'Ex-Misceallena non loin du cercle de Certamen, se trouvait désormais à l'extrémité la plus défendue de la nécropole. Estrella de Bonisagus, le visage figé par la haine, avait encerclé l'artefact avec des vignes de fer chauffée à blanc, et essayait sans doute possible de le détruire. Mélisandre de Merinita essaya de la calmer, hélas ses paroles furent mal interprétées, car nul ne peut imaginer qu'elle ait provoquée sciemment sa compagne de longue date, et la Maga s'en prit à elle! Ma Maitresse résista à la thaumaturge en furie, et riposta, sa puissante magie Mentem poussant Estrella de Bonisagus à la fuite.

Les Magi observèrent la pièce, avec attention, tentant de comprendre le coup de folie de leur amie, et s'aperçurent que le sarcophage avait été ramené par la Maga, sans doute pour l'étudier discrètement. Picard d'Ex-Misceallea, utilisant sa magie afin de voir dans le passé, expliqua à ses compagnons que son visage était au mieux contrarié, au pire pris d'une colère homérique. Ils décidèrent de transporter le sarcophage dans une pièce sous surveillance permanente, craignant qu'il ne puisse continuer à influencer des membres de l'Alliance. Picard le transforma en corail, afin d'alléger l'artefact, et des Furetons le déplacèrent dans l'ancien Sanctum de Ierymir. A sa demande, Mélisandre de Merinita utilisa ses talents de double-vue et distingua l'entrée d'une vaste caverne jusque là dissimulée.

Le Magus décida de se fondre dans la pierre pour y voyager en sécurité, mais il raconta ensuite à ses confrères que son esprit, étourdi sans qu'il ne comprenne comment, se retrouva profondément endormi. Dame Mélisandre décida de descendre, accompagnée par quelques Furetons, à l'aide d'une robuste corde. Un vrombissement très puissant résonnait dans la caverne, plongée dans le noir le plus total. Grâce à ses yeux féeriques, ma Maitresse distingua de nombreux stalactites et stalagmites vibrants à l'unisson dans une grotte de deux cents pieds de long. Elle essaya de cartographier la zone par magie, mais quelque chose d'invisible l'attaqua, n'arrivant pas, bien heureusement, à briser sa Parma Magica. Elle essaya d'entrer en contact avec la créature se dissimulant à son regard, mais elle n'eut pour tout résultat que l'apparition d'un léger voile lumineux donnant l'impression que la caverne était vivante. Utilisant sa magie, elle fit tonner sa voix qui résonna dans toute la grotte, ne réussissant qu'à rendre le vrombissement plus assourdissant et lancinant encore.

Peu patiente, elle décida de quitter les lieux, laissant le soin à ses compagnons de poursuivre les investigations s'ils le souhaitaient. Racontant ce qu'elle avait découvert à Orion de Verditius et à Gilles de Jerbiton, elle regagna son Sanctum pour se préparer à la cérémonie du lendemain qui devait ramener parmi eux la Princesse de la Cour de Lumière Sylvia. Nathanaël de Tytalus, inquiet de voir une nouvelle fois une influence démoniaque à l’œuvre, décida de descendre dans la caverne pour essayer d'y ressentir le Malin. S'il fit chou-blanc, l'utilisation de son élémentaire d'air eut l'effet de réveiller Picard, lui permettant de quitter la pierre où il gisait endormi. Il expliqua à ses compagnons que la caverne abritait l'esprit du dragon jadis tué par les Magi de la première Calebaïs et aujourd'hui enchainé dans la statue du dixième niveau. Selon lui il est possible de s'adresser à elle dans ses rêves d'outre-monde, un Regio magique [niveau 5].

Pour Picard d'Ex-Misceallea, un quatrième dragon doit boucler le cercle créé par les trois premiers et leur élément respectif: la terre, l'eau et le feu. Ses recherches dans les restes des artefacts de l'ancienne Calebaïs lui permirent de mettre la main sur le repaire d'un dragon d'air, Mistral, en haut du Mont Ventoux. Le Conseil des Magi reprit peu après, le thaumaturge dissimulant ses découvertes pour être le premier à rencontrer le grand ver. Il indiqua à ses compagnons qu'il craignait que les lupins qui accompagnaient Artus, n'ayant pu sortir de son sommeil la Tarasque, ne cherchent à utiliser l'esprit du dragon mort contre nous. De même il s'inquiéta de la réaction de la tribu d'Acqs si elle apprenait qu'un de ses Anciens, une sorte de dieu païen pour les loups-garous, était retenu dans une prison éternelle par les Magi. La perspective de la fête à venir empêcha néanmoins toute discussion sérieuse et la conversation dériva sur la possibilité de croiser divers animaux magiques, comme les loutres ou les écureuils aux mains d'enfants, et le Conseil prit fin faute de décision.

Du solstice et du réveil de la Princesse Sylvia il ne reste que peu de traces. La cérémonie imaginée par ma Maitresse fut couronnée de succès, et l'équilibre dans les forces féériques rétablis. En interrogeant les témoins il semblerait que les loups-garous, à l'aide de leur magie et de Virtus fourni par l'Alliance, aient purifié les traces démoniaques encore vives sur les lieux des anciennes batailles contre le Démon. Par la suite et suivant un ancien texte Diedne, les glands de Grand ¨Père Chêne furent plantés à intervalle régulier pour recréer le cercle féérique de la forêt. Après avoir obtenu l'accord du Roi Fae Fremis, Dame Mélisandre appela à l'aide de ses larmes la Dryade Sylvia et une grande fête fut organisée. Champignons hallucinogènes, pouvoirs mentaux et chants hypnotiques dissimulèrent bien des excès mais le sanglier féérique Grouik fut ressuscité et offert en cadeau à la Cour de Lumière.

La Princesse Ariel, présente aux côtés de Sylvia, décida de regagner l'Arcadie, mais fit promettre à Dame Mélisandre de l'aider à prendre la succession de Grand-Père Chêne quand le temps serait venu, ce que ma Maitresse accepta sans tergiverser. Elle entreprit aussitôt de mener ses recherches sur la disparition d’Églantine de Merinita, d'abord à Doïsseteppe. Membre du Tribunal d'Occitanie, elle avait participé à son dernier Tribunal dix ans avant le Gant des Magi de Calebaïs, et faisait parti de la même génération que le Maître de Mélisandre de Merinita. Selon les anciens de Doïsseteppe, Églantine n'était pas morte, car il aurait ressenti sa perte, mais son absence depuis trois décennies lui avait fait perdre ses droits sur sa place au sein du Tribunal et elle avait été remplacée par un Magus venu d'un autre Tribunal.

2 commentaires:

  1. Les infos que l'on avait assemblé à l'époque sur Eglantine: Attention ça n'a pas l'air raccord avec l'idée d'une filia de fondatrice à moins qu'elle ait fait de longs séjours en Arcadie.
    "La Princesse Ariel, présente aux côtés de Sylvia, décida de regagner l'Arcadie, mais fit promettre à Dame Mélisandre de l'aider à prendre la succession de Grand-Père Chêne quand le temps serait venu, ce que ma Maitresse accepta sans tergiverser. Elle entreprit aussitôt de mener ses recherches sur la disparition d’Églantine de Merinita, d'abord à Doïsseteppe. Membre du Tribunal d'Occitanie, elle avait participé à son dernier Tribunal dix ans avant le Gant des Magi de Calebaïs, et faisait parti de la même génération que le Maître de Mélisandre de Merinita. Selon les anciens de Doïsseteppe, Églantine n'était pas morte, car il aurait ressenti sa perte, mais son absence depuis trois décennies lui avait fait perdre ses droits sur sa place au sein du Tribunal et elle avait été remplacée par un Magus venu d'un autre Tribunal."

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    1. je vous laisse libre de vos interprétations, je vous confirme cependant que du côté MJ y a pas d'erreur (cette fois-ci mais ça arriverait p'tet un jour) xD

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